Déferlante de standing ovations!

On espérait ah oui espérait avoir fait un chouette spectacle. Un truc qui parlerait vraiment aux adolescents. Pas comme des adultes qui parleraient à des jeunes âmes avec un surplomb -ou je sais pas quoi d’un peu tordu qui dans le fond dirait: j’vais t’expliquer la vie. Nan, partir de notre état adolescent à nous, replonger dans cette matière vive excessive fulgurante et en faire du théâtre. On espérait avoir réussi, mais jusqu’à la première au Théâtre Le Préau-CDR de Vire, on ne savait pas…

T’as déjà vu ça toi des salles qui se lèvent d’un seul et même homme alors que le noir final se pose à peine? Et le lendemain encore. Et encore et encore. Avec des cris et tout. Des sifflements de joie. Des ados en transe quoi. Whouaaa on ne s’attendait à recevoir tant d’amour!

Avoue, ça a été plus que bouleversant. Genre tes jambes elles tremblaient, jouaient des castagnettes. Et tes yeux, de la chiale. Pure déferlante de bonheur offerte par ces jeunes spectateurs. Et sur le plateau, nos ados acteurs, qui jamais ont lâché – même quand il fallait jouer à 10h du matin. Qui jamais n’ont raté aucun rendez-vous avec le public. Toujours brûlants.

On avait dit: il faut jouer sous peine de mort. C’est une phrase de Vitez, j’crois – qui fait son petit effet. Mais qui, surtout, raconte l’endroit où nous avons essayé d’être. Au présent. Intenses. Vivants. Sans oublier jamais la chance que l’on a de pouvoir monter sur un plateau et faire notre art, sans censure. Comme il faut l’honorer cette chance que moult artistes de par le monde n’ont pas. Impossible d’être tiède, d’être par dessus la jambe. On l’a pas été. A aucun moment de la création ni des représentations. Et j’ose croire que les spectateurs, jeunes et avertis, l’auront ressenti…

Bien sûr il y a eu les pros, ceux qui te filent les chocottes parce que ce seront eux qui décideront si le spectacle existera encore. Les pros qui s’enflamment autant que les ados et irradient de plaisir à partager cette expérience théâtrale avec nous.  Ceux qui aiment le théâtre téméraire – parce que c’est un peu ça S P A S M E S, et plus largement le Collectif Denisyak. Et puis les autres. Ceux qui auront pensé que non non vraiment non on ne peut pas présenter autant de violence sexe drogue alcool à ces jeunes générations…

Ah oui? Mais mec, tu les as vu les ados, debout, à s’arracher les paumes des mains? Tu n’as pas pu ne pas sentir comment cela leur a parlé, les a remués que l’on s’adresse à eux à l’endroit précis où ils se trouvent de rage de colère de poésie et de questions. Et cela sans tomber dans le divertissement ni la provocation. Je ne crois pas non.

Alors on est heureux. Très. Too much comme des ados. Carrément galvanisés même. Petit nuage. Un immense merciiiiiiiiiii donc à toutes celles et ceux qui ont permis la réalisation de ce spectacle. La multitude d’artistes, techniciens, constructeurs, et ces gens qui ont œuvré dans l’ombre d’un bureau, nous ont accompagné pour nous porter si haut. Et follement, la tournée se poursuit dans le bocage normand jusqu’à la fin de la semaine prochaine encore avant la reprise en novembre prochain au Théâtre National de Bordeaux-Aquitaine. TO BE CONTINUED donc…

(Et déjà penser à notre 4ème création, déjà s’activer le cerveau pour qu’en 2017/18 Le Collectif Denisyak revienne en force. On a faim, boulimiques de planches, et on est trop insatiables pour être patients. Bah quoi? On s’refait pas.)

Crédit photos © Tristan Jeanne-Valès